Urbanisme
La rue des fontaines (lien externe, ouverture dans une nouvelle fenêtre), un cœur d’activité historique.
Au Moyen Âge, la rue des Fontaines qui traverse notre quartier est déjà désignée comme le chemin des Fontaines. Ce nom lui vient des nombreuses sources et des fontaines (font, « source » ou « fontaine » en occitan médiéval) qui traversaient le chemin. Le chemin des Fontaines est un chemin rural qui traverse la campagne à l'ouest de la ville de son faubourg de la rive gauche, Saint-Cyprien. Le chemin naît face au ravelin de la porte de l'Isle (emplacement de l'actuelle place du Ravelin). Il tient son nom des nombreuses sources qui descendent de la terrasse de la Garonne et s'écoulent en traversant le chemin. La fontaine des Trois-Canelles, qui s'écoule dans les fossés du rempart de la ville, alimente le faubourg en eau potable. Plus loin, la fontaine Sainte-Marie tient son nom d'une chapelle reconstruite au XVIIe siècle : son canal est franchi par un pont.
Aux XVIe et XVIIe siècles, elle est également désignée comme le chemin de Colomiers ou encore de Saint-Martin – Colomiers et Saint-Martin-du-Touch étant deux villages auxquels il menait.
Au XIXe siècle, la rue des Fontaines compte de nombreux lavoirs publics, c'est-à-dire des établissements privés ouverts au public. En 1860, on en compte sept, soit la moitié des lavoirs de la ville, dont le lavoir de la Carotte, le lavoir Sainte-Marie et les Trois-Canelles. En 1865, il y en 11, puis en 1895 seulement 9. Progressivement, l'urbanisation le long de la rue des Fontaines fait disparaître cette ancienne activité : en 1920, on ne compte plus que cinq lavoirs.
Inondation de 1875 : En Juin 1875, Toulouse connaissait l’une des crues les plus dévastatrices de son histoire. De par sa proximité géographique avec le fleuve, notre quartier n’a pas été épargné. C’est le cas du bas de la rue des fontaines, où nombre de maisons ont été détruites ou endommagées :
![Cote : 16Fi21/11 - [Inondations de 1875] Rue des Fontaines. (St.-Cyprien) (Fin juin 1875).](https://assets.tina.io/f5366ef5-6ee5-4e03-9d3b-3666beb3b6f6/cru-1875-rue-des-fontaines.jpg)
[Inondations de 1875] Rue des Fontaines. (St.-Cyprien) (Fin juin 1875). Auteur(s) : PROVOST, Antonin, Emile, Marius [PHOTOGRAPHE] ; PROVOST, Joseph, Jacques [PHOTOGRAPHE] – Mairie de Toulouse, Archives municipales, Cote : 16Fi21/11 (lien externe, ouverture dans une nouvelle fenêtre). PHOTOGRAPHIE N&B. Cliché collé sur carton, format du tirage : 16 x 21 cm. Vue perspective de la rue bordée de maisons dont certaines entièrement détruites à la suite de l'inondation du 23 juin 1875. Droits: Domaine public.
Urbanisme et architecture : Plusieurs bâtisses dans le quartier témoignent du passé. C’est le cas notamment de la maison Astre au n°256 de la rue des Fontaines. Cette maison octogonale date de la fin du 18e siècle ou du 1er quart du 19e siècle et figure déjà sur le cadastre napoléonien relevé en 1829. Elle possède une architecture de qualité due notamment au grand soin porté à sa mise en œuvre (motif de tables, les encadrements des baies à ressauts avec pierre de gond). Elle est également un des édifices les plus anciens du quartier.

Époque moderne
En 1925, la cité-jardin [1] des Fontaines est réalisée entre la rue des Fontaines, le boulevard Richard-Wagner, la rue des Églantiers (actuelle rue Adolphe-Talazac (lien externe, ouverture dans une nouvelle fenêtre)) et l'avenue de Casselardit.

[1] L'aménagement de cités-jardins à Toulouse (lien externe, ouverture dans une nouvelle fenêtre), entre 1924 et 1931, s'inscrit dans le cadre d'une politique du logement volontariste et de développement du logement social, portée par la municipalité toulousaine dirigée par le socialiste Étienne Billières, qui soutient l'action du nouvel office public de l'habitat municipal. Elle s'inspire du modèle de la cité-jardin, théorisé par l'urbaniste britannique Ebenezer Howard en 1898, promu et mis en application en France, durant l'entre-deux-guerres, par l'office public de l'habitat de la Seine dirigé par le maire de Suresnes, Henri Sellier. Pourtant, malgré un effort particulier dans l'aménagement de la première cité-jardin, la cité du Nord, qui combine logement social collectif et individuel, et équipements publics nombreux, les autres cités-jardins toulousaines sont réduites à l'aménagement de simples lotissements de maisons. À la fin du XXe et au début du XXIe siècle, la vétusté de la plupart de ces cités-jardins et le manque de confort des logements pousse l'office public de l'habitat toulousain – devenu Toulouse Habitat, puis Toulouse Métropole Habitat – à les démolir.
Autres sources pour aller plus loin:
Cartes: évolution du quartier
- 1820-1866 Carte d’Etat major

- 1950-1965

- Aujourd'hui
