Faits divers d'antan
1751 : Affaire trouble: “Bœufs de Vignères, bœufs de grain”
- Date des faits: le 28 août 1751, à 3h00 du matin
- Lieu des faits : dans un champ de millet dépendant de la métairie. Actuelle rue Dufaur de Pibrac, au niveau de l’ancienne maison Rodolose.
“Fin août 1751, trois bœufs du nommé Vignères n'ont cessé de se rendre à heure nocturne dans un champ de millet de Rodolose et ils y ont gâté « beaucoup de gerbe qu'ils foulèrent à leurs pieds après avoir mangé beaucoup du grain ». Trois nuits d'affilée, le maître-valet de la métairie ne peut que constater les dégâts. Ce n'est que le 28 août tôt matin qu'il arrive enfin à en attraper deux, qu'il pignore ainsi en les enfermant dans l'écurie. Il était temps, après le bon grain, les bestiaux venaient justement de s'attaquer aux arbres fruitiers du jardin.
Mais le dizenier du quartier refuse de prendre les bœufs en séquestre au prétexte qu'il aurait subi des pressions, voire des menaces de la part de Vignères. Les bœufs sont donc remis en liberté.
Jacques Rodoloze, propriétaire des lieux, ne l'entend pas de cette oreille. Il se tourne vers les capitouls afin qu'une expertise du dommage soit réalisée par voie de justice.”
Juridiction : Toulouse, cour de justice des capitouls
Cote du document: FF 795/5, procédure # 142, du 28 août 1751
Source : Archives municipales de Toulouse : CC 49, nf. ; CC 87, nf. ; CC 118/4 ; GG 173, f° 111 ; FF 795/5, procédure # 142, du 28 août 1751. https://www.urban-hist.toulouse.fr/uhplus/ (lien externe, ouverture dans une nouvelle fenêtre)
1750 : Affaire de meurtre : “Une surdité écrasante”
- Date des faits : 14 mai 1760, matin
- Localisation : sur le chemin de Saint-Martin, près des fontaines et de la Maladrerie. Actuelle rue des fontaines, au niveau de la rue des braves.
- Mort par accident de circulation.
Le matin du 14 mai 1760, Pierre Bégué, après avoir fait affaires, quitte Toulouse pour retourner chez lui à Blagnac. Il marche tranquillement sur le chemin de Saint-Martin du Touch, passant devant les nombreuses fontaines qui le bordent. C'est alors que paraît un postillon menant grand train avec son « carrossin » attelé à deux chevaux. Les blanchisseuses des fontaines tentent de faire ralentir l'équipage et surtout d'avertir le cocher que le vieux Bégué se trouve au-devant, au milieu du chemin et qu'il a l'ouïe fort défaillante. Le conducteur ne semble pourtant pas tenir compte de ce précieux avertissement puisque, quelques instants plus tard, arrivé à toute vitesse au niveau de la Maladrerie, il renverse violemment le sourd et lui roule dessus. Le pauvre homme, malgré tous les soins qui lui sont apportés, décède deux heures après l'accident. Quant au cocher, il a pris la fuite et ne sera jamais rattrapé, ni même identifié.”
Sources : Lara Schmittner, Géraud de Lavedan, Archives municipales de Toulouse, "Une surdité écrasante", UrbanHist, Meurtres à la carte, 2019. https://www.urban-hist.toulouse.fr/uhplus/ (lien externe, ouverture dans une nouvelle fenêtre)